Les récents -et tragiques- évènements qui ont eu lieu en Haïti et au Chili sont-ils révélateurs du futur des services de cartographie en ligne comme Google Maps/Earth, ou OpenStreetMap ?
Le séisme en Haïti a eu des répercussions immédiates pour la cartographie en ligne, à deux niveaux. Tout d'abord, en ce qui concerne Google Maps / Earth, très rapidement des mises à jour des vues satellites ont eu lieu ; par la suite, d'autres images ont été mises en ligne.
Parallèlement, un autre mouvement s'est mis en place : une armée d'internautes ont contribué au projet OpenStreetMap, qui, pour vaire simple, est une sorte de croisement de Google Maps et de Wikipédia : les internautes peuvent participer, ajouter routes et informations géographiques, et l'ensemble des données est disponible en version creative commons.
Concrètement, outre les volontaires présents sur l'île, des internautes ont depuis leur domicile créé une cartographie exhaustive d'Haïti, avec des indications sur les immeubles détruits, les routes barrées ou encore la localisation et la taille des camps de réfugiés. Toutes ces informations se sont révélées précieuses pour les secours, leur permettant de savoir où agir, mais aussi comment se rendre le plus rapidement possible d'un point A à un point B dans la ville de Port-au-Prince, couverte de ruines.
Voici d'ailleurs la visualisation de ces ajouts, en vidéo : chaque flash sur la vidéo représente une édition de la carte. Les routes principales et secondaires sont en vert et rouge, puis viennent les rues, ajoutées progressivement. Les points matérialisent les camps de sans-abri.
OpenStreetMap - Project Haiti from ItoWorld on Vimeo.
Le séisme au Chili de samedi, bien moins meurtrier (le bilan officiel à l'heure où j'écris est inférieur à 1000 morts, loin des 220 000 à 230 000 décès d'Haïti), a néanmoins déclenché une réaction quasi immédiate chez Google.
Concrètement, le Google Lat Long blog (blog de l'équipe Google Maps/Earth) a annoncé deux actions :
D'une part, la mise en place des outils de Google Map Maker aux associations et aux secours, pour des utilisations a priori similaires à celles d'OpenStreetMap en Haïti.
D'autre part, un service qui avait déjà été mis en place pour Haïti a été activé au Chili : Person Finder se présente comme un ouil simple d'utilisation permettant soit de référencée une personne pour laquelle on cherche des informations, soit une personne pour laquelle on en dispose (état de santé, dernière localisation connue, etc). Il est même possible d'intégrer l'outil dans n'importe quel site, comme ci-dessous :
Notons enfin une carte, toujours indiquée par le Google Lat Long Blog, qui montre sur une carte le sésime initial (logo en forme d'onde) et les répliques :
View Chile Earthquake helpful information in a larger map
Une initiative intéressante mais qui d'un point de vue visualisation, aurait probablement pu être améliorée : représentation des failles géologiques, indication visuelle de la magnitude des séismes (code de couleur, taille des icônes ?).
Ces deux évènements sont peut-être révélateurs de la future évolution de Google Earth/Maps, OpenStreetMap et de Bing Maps, le service de Microsoft. Toujours plus de réactivité sur les évènements marquants de l'actualité.
En parallèle des images satellites, les photos prises sur place pourront aussi être intégrées aux données : le blog Flickr a rapidement mis en ligne de nombreuses photos du séisme, prises par des membres ; twitter est aussi une source potentielle d'images. Microsoft comme Google travaillent justement sur la question de l'intégration de photos dans leurs outils géographique (voir à ce sujet la bluffante présentation de l'intégration de photos et de flux vidéo live dans Bing Maps, lors du TED).
On peut donc penser qu'à l'avenir, les photos, voire les vidéos, feront aussi partie des données à visualiser.
Et vous, comment voyez-vous l'avenir de Google Earth et de ses concurrents ?
Allons-nous vers une représentation temps-réel de la Terre, avec photos, webcams ou autres flux audiovisuels utilisés pour mettre à jour en temps réel les textures des bâtiments ?
Cette approche sera-telle limitée aux sujets marquants comme les catastrophes, ou s'étendra-t-elle à d'autres domaines ?
Une actu 100% google, pour cette fois !
On commence avec la nouvelle du jour : comme beaucoup s'en doutaient, Google Earth se voit désormais doté d'un mode "Lune", en l'honneur de l'anniversaire d'Apollo 11.

Google Earth: La lune enfin disponible !
Comme indiqué sur la capture d'écran, il suffit pour voir la lune de sélectionner l'icône en forme de planète en haut de l'écran principal de Google Earth, puis de choisir "Lune". Aucune mise à jour n'est nécessaire.
Les sites des alunissages Apollo sont répertoriés, et diverses fonctions sont disponibles. Modules lunaires en 3D, images de la NASA, visites guidées de certaines missions ( Buzz Aldrin étant votre hôte pour Apollo 11 ), diagrammes géologiques ou topographique, relief mis en valeur par des couleurs, bref, de quoi ravir les amateurs.
Seul regret quand même, comme pour Mars, les lieux favoris ne sont pas désactivés lors du changement d'astre, et l'on se retrouve du coup avec ses lieux terrestres préférés... Affichés sur la Lune (ou Mars). L'intérêt est limité.
Restons dans l'actu Google avec l'apparition sur youtube de vidéos en relief.
Les vidéos sont visibles par différentes méthodes, notamment les lunettes bicolores, la vision croisée ou parallèle. Il est aussi possible de voir les vidéos de façon "classique", en n'affichant qu'une seule version de la vidéo, et non plus les deux points de vue entremêlés.
C'est dans un forum d'aide Youtube que cette fonction encore embryonnaire a été révélée. Idéalement, la vidéo de départ doit contenir les deux versions côte à côte, en vision croisée.
Pour activer la 3D, il suffit d'ajouter à la vidéo le tag yt3d:enable=true , qui active les fonctions de base. D'autres tags permettent d'ajuster l'affichage.
Si certains lecteurs se sont amusés à tester la fonction, n'hésitez pas à poster un lien vers la vidéo en commentaire.
Tout cela étant encore à un stade peu avancé, il n'est pas possible de gérer le type d'affichage voulu lors de l'insertion d'une vidéo dans une page web ; je vous invite donc à cliquer sur les vidéos qui suivent, pour vous rendre directement sur youtube et les voir, par exemple, avec des lunettes bicolores.
Pour utiliser les différents modes de visualisation cités plus haut, il faudra alors utiliser le menu déroulant situé juste sous la vidéo.
A noter, la gestion de l'affichage est apparemment géré à la volée par Youtube, au moment où la vidéo est jouée.
Enfin, pour voir toutes les vidéos 3D actuellement en ligne, rien de plus simple, il suffit de faire une recherche sur le tag d'activation de la 3D. La page de résultats donne alors une soixantaine de vidéos.
Google a mis à jour l'affichage des fonds marins dans Google Earth.
La résolution a été améliorée, et un dégradé de couleurs met en valeur le relief marin. Aucune mise à jour du logiciel n'est nécessaire pour voir ce nouvel affichage, il suffit d'ouvrir Google Earth.
Inconvénient de ce nouvel affichage, certains atolls ou îlots sont apparemment moins visibles qu'avant.
Cette mise à jour a relancé les rumeurs d'un éventuel "Google Ocean", qui correspondrait à de nouvelles fonctions dans Google Earth permettant principalement de visualiser les fonds marins en 3D (pour le moment ils restent désespérément plats).

Google Earth: comparatif des fonds marins avant et après mise à jour
Via Google Earth Blog.
Le site 360Cities, déjà évoqué ici, permet désormais de visualiser l'ensemble des panoramiques du site sur google earth. Un double-clic suffit pour passer en mode panoramique.
La vidéo suivante donne un petit aperçu du résultat :
Les panoramiques sont signalés par des symboles dans Google earth, et deviennent des sphères quand on se rapproche suffisamment. Un double-clic permet alors de passer en mode visualisation, et de naviguer au sein de la photo. Il est possible de zoomer si la résolution initiale du panoramique le permet.
Ce sont plus de 8000 panoramiques qui sont ainsi accessibles !
Les emplacements ne sont pas tous affichés d'un coup mais semblent chargés à la volée en fonction de la vue courante, il faut donc parfois attendre un peu pour que tout se charge.
Pour voir ces panoramiques, il faut télécharger un petit fichier kml, disponible sur 360Cities.net (la page explicative pour Google Earth est par ici) .
Via Google Earth Blog.